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Convention fiscale entre la France et l’Algérie

CONVENTION ENTRE LE GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ET LE GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE EN VUE D’ÉVITER LES DOUBLES IMPOSITIONS, DE PRÉVENIR L’ÉVASION ET LA FRAUDE FISCALES ET D’ÉTABLIR DES RÈGLES D’ASSISTANCE RÉCIPROQUE EN MATIÈRE D’IMPÔTS SUR LE REVENU, SUR LA FORTUNE ET SUR LES SUCCESSIONS (ENSEMBLE UN PROTOCOLE)

signée à Alger le 17 octobre 1999,

publiée au Journal officiel de la République française n° 300 du 26 décembre 2002 ,

entrée en vigueur depuis le 1er décembre 2002.

Le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire, désireux de conclure une convention en vue d’éviter les doubles impositions, de prévenir l’évasion et la fraude fiscales et d’établir des règles d’assistance réciproque en matière d’impôts sur le revenu, sur la fortune et sur les successions, sont convenus de ce qui suit :

Article 1er - Personnes visées

La présente Convention s’applique :

a)  En ce qui concerne les impôts sur le revenu et sur la fortune, aux personnes qui sont des résidents d’un Etat contractant ou des deux Etats contractants ;

b)  En ce qui concerne les impôts sur les successions, aux successions des personnes qui étaient au moment de leur décès des résidents d’un Etat contractant ou des deux Etats contractants.

Article 2 - Impôts visés

1. La présente Convention s’applique aux impôts sur le revenu, sur la fortune et sur les successions perçus pour le compte d’un Etat contractant ou de ses collectivités locales, quel que soit le système de perception.

2.

a)  Sont considérés comme impôts sur le revenu et sur la fortune les impôts perçus sur le revenu total, sur la fortune totale, ou sur des éléments du revenu ou de la fortune, y compris les impôts sur les gains provenant de l’aliénation de biens mobiliers ou immobiliers, les impôts sur le montant global des salaires payés par les entreprises, ainsi que les impôts sur les plus-values.

b)  Sont considérés comme impôts sur les successions les impôts perçus par suite de décès sous forme d’impôts sur la masse successorale, d’impôts sur les parts héréditaires, de droits de mutations ou d’impôts sur les donations pour cause de décès.

3. Les impôts actuels auxquels s’applique la Convention sont notamment :

a) En ce qui concerne la France :

i)L’impôt sur le revenu ;

ii)  L’impôt sur les sociétés ;

iii)La taxe sur les salaires ;

iv)L’impôt de solidarité sur la fortune ;

v)  Les droits de mutation par décès ;

(ci-après dénommés « impôt français ») ;

b) En ce qui concerne l’Algérie :

i)L’impôt sur le revenu global ;

ii)  L’impôt sur les bénéfices des sociétés ;

iii)  La taxe sur l’activité professionnelle ;

iv)  Le versement forfaitaire ;

v)   La redevance et l’impôt sur les résultats relatifs aux activités de prospection, de recherche, d’exploitation et de transport par canalisation des hydrocarbures ;

vi)  L’impôt sur le patrimoine ;

vii)Les droits de succession ;

(ci-après dénommés « impôt algérien »).

4. La Convention s’applique aussi aux impôts de nature identique ou analogue qui seraient établis après la date de signature de la Convention et qui s’ajouteraient aux impôts actuels ou qui les remplaceraient. Les autorités compétentes des Etats contractants se communiquent les modifications importantes apportées à leurs législations fiscales respectives.

Article 3 - Définitions générales

1. Au sens de la présente Convention, à moins que le contexte n’exige une interprétation différente :

a)  Les expressions « Etat contractant » et « autre Etat contractant » désignent, suivant les cas, la France ou l’Algérie ;

b)  Le terme « France » désigne les départements européens et d’outre-mer de la République française y compris la mer territoriale, et au-delà de celle-ci les zones sur lesquelles, en conformité avec le droit international, la République française a des droits souverains aux fins de l’exploration et de l’exploitation des ressources naturelles des fonds marins, de leur sous-sol et des eaux surjacentes ;

c)  Le terme « Algérie » désigne la République algérienne démocratique et populaire et, employé dans un sens géographique, il désigne le territoire de la République algérienne démocratique et populaire y compris la mer territoriale, et au-delà de celle-ci les zones sur lesquelles, en conformité avec le droit international, la République algérienne démocratique et populaire exerce sa juridiction ou des droits souverains aux fins de l’exploration et de l’exploitation des ressources naturelles des fonds marins, de leur sous-sol et des eaux surjacentes ;

d)  Le terme « personne » comprend les personnes physiques, les sociétés et tous autres groupements de personnes ;

e)  Le terme « société » désigne toute personne morale ou toute entité qui est considérée comme une personne morale aux fins d’imposition ;

f)   Les expressions « entreprise d’un Etat contractant » et « entreprise de l’autre Etat contractant » désignent respectivement une entreprise exploitée par un résident d’un Etat contractant et une entreprise exploitée par un résident de l’autre Etat contractant ;

g)  L’expression « trafic international » désigne tout transport effectué par un navire ou un aéronef exploité par une entreprise dont le siège de direction effective est situé dans un Etat contractant, sauf lorsque le navire ou l’aéronef n’est exploité qu’entre des points situés dans l’autre Etat contractant ;

h) L’expression « autorité compétente » désigne :

i)   En ce qui concerne la France, le ministre chargé du budget ou son représentant autorisé ;

ii)  En ce qui concerne l’Algérie, le ministre chargé des finances ou son représentant autorisé.

2. Pour l’application de la Convention par un Etat contractant, tout terme ou expression qui n’y est pas défini a le sens que lui attribue le droit fiscal de cet Etat concernant les impôts auxquels s’applique la Convention, à moins que le contexte n’exige une interprétation différente.

Article 4 - Résident

1. Au sens de la présente Convention, l’expression « résident d’un Etat contractant » désigne toute personne qui, en vertu de la législation de cet Etat, est assujettie à l’impôt dans cet Etat, en raison de son domicile, de sa résidence, de son siège de direction, ou de tout autre critère de nature analogue. Toutefois, cette expression ne comprend pas les personnes qui ne sont assujetties à l’impôt dans cet Etat que pour les revenus de sources situées dans cet Etat ou pour la fortune qui y est située.

2. Lorsque, selon les dispositions du paragraphe 1, une personne physique est un résident des deux Etats contractants, sa situation est réglée de la manière suivante :

a)  Cette personne est considérée comme un résident de l’Etat où elle dispose d’un foyer d’habitation permanent ; si elle dispose d’un foyer d’habitation permanent dans les deux Etats, elle est considérée comme un résident de l’Etat avec lequel ses liens personnels et économiques sont les plus étroits (centre des intérêts vitaux) ;

b)  Si l’Etat où cette personne a le centre de ses intérêts vitaux ne peut pas être déterminé, ou si elle ne dispose d’un foyer d’habitation permanent dans aucun des Etats, elle est considérée comme un résident de l’Etat où elle séjourne de façon habituelle ;

c)  Si cette personne séjourne de façon habituelle dans les deux Etats ou si elle ne séjourne de façon habituelle dans aucun d’eux, elle est considérée comme un résident de l’Etat dont elle possède la nationalité ;

d)  Si les critères qui précèdent ne permettent pas de déterminer l’Etat dont la personne est un résident, les autorités compétentes des Etats contractants tranchent la question d’un commun accord.

3. Lorsque, selon les dispositions du paragraphe 1, une personne autre qu’une personne physique est un résident des deux Etats contractants, elle est considérée comme un résident de l’Etat où son siège de direction effective est situé.

4. L’expression « résident d’un Etat contractant » comprend, lorsque cet Etat est la France, les sociétés de personnes, et les autres groupements de personnes soumis à un régime fiscal analogue, qui ont leur siège de direction effective en France et dont les actionnaires, associés ou autres membres y sont personnellement soumis à l’impôt pour leur part des bénéfices en application de la législation interne française.

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