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33      Enfin, s’agissant de l’argument selon lequel les pratiques de promotion des ventes en cause au principal ne seraient pas visées par la directive 2005/29 au motif qu’elles ont expressément fait l’objet d’une proposition de règlement de la Commission, il suffit de constater que cette circonstance ne saurait à elle seule exclure, notamment compte tenu du fait que ladite proposition a été retirée en 2006 et n’a donc pas abouti à l’adoption d’un règlement, que de telles pratiques puissent constituer, en l’état actuel du droit communautaire, des pratiques commerciales déloyales au sens de cette directive et relever du champ d’application de celle-ci.

34      Compte tenu de ce qui précède, il y a lieu de considérer que la demande de décision préjudicielle est recevable.

 Sur le fond

35      Afin de répondre à la question posée, il convient, tout d’abord, de déterminer si les pratiques objet de l’interdiction en cause au principal, couplant l’achat de biens ou de services à la participation des consommateurs à un jeu ou à un concours, constituent des pratiques commerciales au sens de l’article 2, sous d), de la directive 2005/29 et sont, dès lors, soumises aux prescriptions édictées par cette dernière.

36      À cet égard, il y a lieu de relever que l’article 2, sous d), de la directive 2005/29 définit, en utilisant une formulation particulièrement large, la notion de pratique commerciale comme «toute action, omission, conduite, démarche ou communication commerciale, y compris la publicité et le marketing, de la part d’un professionnel, en relation directe avec la promotion, la vente ou la fourniture d’un produit aux consommateurs».

37      Or, force est de constater que des campagnes promotionnelles, telles que celle en cause au principal, subordonnant la participation gratuite du consommateur à une loterie à l’achat d’une certaine quantité de biens ou de services, s’inscrivent clairement dans le cadre de la stratégie commerciale d’un opérateur et visent directement à la promotion et à l’écoulement des ventes de celui-ci. Il s’ensuit qu’elles constituent bien des pratiques commerciales au sens de l’article 2, sous d), de la directive 2005/29 et relèvent, en conséquence, du champ d’application de celle-ci (voir par analogie, concernant les offres conjointes, arrêt VTB-VAB et Galatea, précité, point 50).

38      Cette conclusion ne saurait être remise en cause par l’argumentation, avancée par les gouvernements tchèque et autrichien, selon laquelle les dispositions de l’UWG en cause au principal, contrairement à celles de la directive 2005/29, auraient pour but principal non pas la protection des consommateurs, mais celle des concurrents contre des pratiques commerciales déloyales mises en œuvre par certains opérateurs, de sorte que de telles dispositions ne relèveraient pas du domaine d’application de cette directive.

39      En effet, comme il a été souligné au point 36 du présent arrêt, la directive 2005/29 se distingue par un champ d’application matériel particulièrement large s’étendant à toute pratique commerciale qui présente un lien direct avec la promotion, la vente ou la fourniture d’un produit aux consommateurs. Ne sont ainsi exclues dudit champ d’application, comme il ressort du sixième considérant de cette directive, que les législations nationales relatives aux pratiques commerciales déloyales qui portent atteinte «uniquement» aux intérêts économiques de concurrents ou qui concernent une transaction entre professionnels.

40      Or, ainsi que Mme l’avocat général l’a relevé aux points 65 et 66 de ses conclusions, tel n’est de toute évidence pas le cas des dispositions nationales en cause au principal, les articles 1er, 3 et 4 de l’UWG visant expressément la protection des consommateurs et pas uniquement celle des concurrents et des autres acteurs du marché.

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